Le coquillage et le calamar

Au fond de l’océan, dormait un beau coquillage. Lorsqu’il  s’éveillait,
il chantait d’une voix, si magnifique, qu’on l’entendait de très loin.

 

Tous les animaux marins s’arrêtaient de vaquer à leur occupation pour écouter la chanson du jour. Ils disaient :

- Chut ! Le coquillage s’est réveillé, il va chanter, que dit-il aujourd’hui ? Écoutons !

Au fond de l’océan, dormait un beau coquillage. Lorsqu’il  s’éveillait,
il chantait d’une voix, si magnifique, qu’on l’entendait de très loin.

 

Tous les animaux marins s’arrêtaient de vaquer à leur occupation pour écouter la chanson du jour. Ils disaient :

- Chut ! Le coquillage s’est réveillé, il va chanter, que dit-il aujourd’hui ? Écoutons !

Je dors sur un fond sableux,

Je fais des rêves merveilleux

Je chante pour les baleines.

Je suis un coquillage

Rêveur et bavard

M’entendez-vous

Si je chante, c’est pour vous !

L’eau est bleue, le sable est fin

J’ai l’âme radieuse

Je n’ai jamais de chagrin…

 

- Comme il chante bien, disait un hippocampe, c’est du grand art !

 « Heureusement qu’il là pour nous distraire, renchérissait  un oursin,
de l’entendre ça me calme les nerfs ! »

 

La chanson du coquillage était vite devenue une habitude.

Elle était très attendue les après midis. Pourtant, un jour à l’heure de la chanson, les poissons entendirent la voix du coquillage qui avait perdu sa sérénité.

C’est en tremblant qu’il chanta ce jour là :

 

- Ohé, ohé, de l’océan

Qui d’entre vous m’entend ?

Je suis prisonnier d’un calamar

Il m’a emmené chez lui ou tout est noir !

Il m’a arraché à mon sable fin

Je connais le chagrin et le désespoir

Calamar, calamar

Pour  vous aussi je chantais

Qu’allez-vous faire de moi ?

 

Tous ses amis étaient effrayés par cette terrible nouvelle. Que pouvaient t’il faire pour aider le pauvre coquillage … Mais voilà que déjà, la grosse voix du calamar retentissait :

 

Le coquillage avait perdu de sa splendeur. Comme le calamar lui demandait de chanter pour lui, le coquillage terrorisé, ne pouvait pas ouvrir la bouche. Il préféra s’endormir que de voir le méchant calamar, le regarder avec des airs de grand gourmand.

 

Le calamar voyant qu’il ne pouvait rien tirer du coquillage, se dit qu’il allait faire un tour dehors. Il happait, croquait  tout ce qui  passait près de chez lui. Il préférait laisser le coquillage pour la fin et en faire un festin !  

 

Tous les animaux marins étaient  bien désolés pour leur ami. La  réputation du calamar était bien connue pour être sans pitié. Donc d’ici  à ce que le coquillage fut avalé tout cru, il n’y avait qu’un pas. Le calamar ne patienterait pas longtemps.

 

Pourtant le calamar patienta ! Chaque jour qu’il voulait manger le coquillage, il  le trouvait beau et gentil. Le coquillage qui reprenait confiance se mettait à nouveau à chanter. Le calamar fier d’avoir un si grand artiste chez lui, remettait le festin pour le lendemain. Il devenait curieux aussi. Par exemple, il regardait comment le coquillage composait sa musique et  travaillait  sa voix. Il voulu apprendre ! Le coquillage qui commençait à connaître le calamar en avait moins peur. Il accepta.

 

Le jour même, les poissons entendirent le coquillage chanter de sa voix douce et le calamar l’accompagnait à la contrebasse. Ca  gâchait un peu la voix du coquillage mais ça amusait beaucoup le calamar. Ainsi les jours passèrent, les poissons surent dès lors, que leur ami n’était plus prisonnier. S’il restait en compagnie  du calamar c’est qu’il le voulait bien.

 

Un beau jour, ils se séparèrent. Le calamar composa ses paroles :

 

- Pardon mon ami coquillage

De t’avoir gardé prisonnier.

Tu m’as été agréable

Tu m’as appris à chanter !

Repars vers ton océan profond

Où je t’ai pêché.

Repars vers tes rêves longs

Et tes chansons bien-aimées !...

 

Le coquillage qui glissait sur le sable, s’en allait en chantant :

 

« Je te pardonne, oh, calamar !

Tu m’as fait très peur, avec tes goûts bizarres,

Me manger, moi, le coquillage

Viens me rendre visite sur mon sable fin,

Tu seras moins triste certains matins ! »

 

C’est ainsi qu’ils se quittèrent bons amis et la vie reprit. Les poissons étaient tous contents d’avoir récupérés leur compagnon. De toute façon, si le calamar ne lui avait pas rendu sa liberté,  ils auraient été le délivrer. Mais le calamar avait comprit son erreur et tout se terminait bien.

 

Le coquillage quand à lui, continua à chanter encore très longtemps pour ses amis.  Parfois il était dérangé car il entendait le calamar chanter faux dans les profondeurs de l’océan. Avec sa contrebasse, ça faisait un bruit qui ressemblait à une mer démontée. Les jours où le calamar chantait, le coquillage dormait. Il attendait que le calme revienne après la tempête !

C’est ainsi qu’il pu faire à nouveau ses longues siestes sans risque de se faire croquer à  la mode océane !