Le coq amoureux

Il était une fois, dans une basse-cour, un coq qui faisait sa loi.

A l’aube, il mettait la ferme dans un désordre complet avec ses cocoricos endiablés. Tout le poulailler lui en voulait. Car quand Monsieur le coq était debout, il fallait qu’il réveille tout le monde. Et quand tout le monde était réveillé, le coq s’arrêtait de chanter ! De plus, il se croyait intéressant,
il chantait à gorge déployée, alors que tout le monde était encore endormi sous plumes et duvets. Lui, on aurait dit qu’il ne pouvait pas dormir et qu’il était frappé d’insomnie.

Il était une fois, dans une basse-cour, un coq qui faisait sa loi.

A l’aube, il mettait la ferme dans un désordre complet avec ses cocoricos endiablés. Tout le poulailler lui en voulait. Car quand Monsieur le coq était debout, il fallait qu’il réveille tout le monde. Et quand tout le monde était réveillé, le coq s’arrêtait de chanter ! De plus, il se croyait intéressant,
il chantait à gorge déployée, alors que tout le monde était encore endormi sous plumes et duvets. Lui, on aurait dit qu’il ne pouvait pas dormir et qu’il était frappé d’insomnie.

 Même la nuit ça lui prenait à des heures inconcevables. Lorsqu’il poussait ses cocoricos, sa crête se dressait tellement qu’elle aurait fait fuir quiconque qui l’aurait vu.

 

Il réveillait le fermier et sa femme Berthe et toutes les volailles.

Dans la journée, il se prenait des airs de grand seigneur. Il allait et venait, la tête haute. Il faisait fuir tous les poussins qui ne l’auraient pas voulu pour père.

Quand au dindon, il avait des prises de bec assez sérieuses car très têtues,  
il ne voulait pas se laisser faire.

 

De tant à autre, le coq le regardait d’un air moqueur et lui lançait un cocorico en pleine face ! Le dindon lui répondait mais il n’avait pas la  voix de ténor du coq.

 

Seules Mesdames les poules, lui faisaient belle figure et se pâmaient devant lui ; Elles poussaient de doux « cot, cot », pour Monsieur le coq.  Seulement lui c’était un célibataire endurcit. Il avait échappé à trois mariages et ce n’était pas demain la veille qu’on allait le fiancer.

Ainsi allait la vie à la ferme. Les poules désespéraient de ce coq qui ne les voulait  pas pour épouse.

 

Le lendemain, les fermiers à bout des cocoricos du coq, se dirent qu’après tout, si on essayait une jolie poule de la ferme voisine, le coq en tomberait peut-être amoureux…

 

Rien  n’y fit, le coq ne la regarda même pas. La poule alla rejoindre le rang des célibataires.  Le fermier excédé, se dit que si la semaine prochaine,
il ramène la plus belle poule de la ville, et que si le coq n’en veut pas, on en fera un coq au vin et on ne parlera plus jamais de lui.

 

Le fermier pensait qu’un mariage rendrait le coq moins hargneux envers toute la basse-cour. Il était peut-être jaloux de tous ses compagnons qui avaient prit une épouse.

C’est ainsi que le samedi, le fermier rapporta de la ville, une poule de toute beauté…

 

-Tiens, se dit le coq, en la voyant,  voilà une citadine. Elle est drôlement belle ! Comme elle est parfumée, qu’elle belle robe elle à ! Pas comme les autres poules fermières ! Celle là, je la veux pour épouse.

Il alla vers la poule, lui fit la cour, déploya toute sa galanterie il était beau comme jamais. À la fin, il se ridiculisa devant tous car cette fois c’était la poule qui ne voulait pas de lui. Elle lui dit :

 

« Tu es sot et prétentieux ! Non mais… tu t’es regardé dans une glace, on dirait un gendarme ! Ah ! De toi pour mari, tu serais le dernier sur terre, que je n’en voudrais pas ! »

 

Le coq poussa alors un affreux cri de dépit qui ressemblait au cri d’un corbeau …Craaaaaah !

« Et en plus, il a la voix d’un corbeau, mais il se moque de moi ! »

Elle s’en alla d’un pas hautain, laissant un sillon de parfum derrière elle.

Le coq contempla ses pattes et vit qu’elles étaient pleines de boue. Cahin, caha,  il s’en alla vers son poulailler pour la première fois d’un air dépité …

 

La nuit tomba et pas un seul cocorico, mais un cri de corbeau affreux qui faisait se dresser les plumes sur la tête. Le fermier se dit que finalement,
il valait mieux entendre les cocoricos. On entendait aussi le coq se lamenter.
Il pleurait, et disait ceci :

 

-Cra, cra, que vous faudrait t’il

Pour qu’un regard

Un seul, ne vous attire,

Cra, cra, mais que deviendrait-je ?

A mon âge, si je ne me marie pas.

Cra, cra, mais ou est passée ma belle voix ?

 

Toutes les nuits c’était la même chanson, la poule ne voulait rien savoir.
Le coq était au désespoir…

 

L’hiver passa lamentablement dans une ambiance soporifique,  puis le printemps arriva. Un jour à l’aube, le coq réveilla tout le quartier dans un cocorico d’enfer !

Le fermier se leva,  à la hâte, il courut à la fenêtre et  là,  un spectacle inattendu  se tenait devant lui. Toute la basse-cour était témoin, la musique battait son plein.  Le coq  apparaissait rajeunit. Il faut dire qu’il avait fait un régime malgré lui et qu’il s’était drôlement  remit en question sur tout ce qui n’allait pas sur sa personne et qui aurait pu déplaire à sa future épouse.

Pour l’heure, il dansait en se déhanchant devant elle sur un air disco. La crête hérissée plus rouge que jamais, les yeux languissants et le bec avide de baisers.

 

C’était la  demande  en mariage !

 A en juger par les cris endiablés du coq,  le fermier comprit :
elle avait dit… oui !